Nina épisode 2: Je veux redevenir une « bitch »!!!

Oui Lola est vraiment une chouette fille, une fille exceptionnelle. Une de ces personnes qui arrivent à voir la vie en couleurs et du bien dans chaque être. Elle cumule les petits boulots pour financer ses projets de voyage autour du globe, se donnant corps et âme à ses idéaux humanitaires. Diplômée en sciences politiques et membre de greenpeace ainsi que d’une dizaine d’autres Organisations Non-Gouvernementales, Lola passe sa vie à aider les autres. Les réfugiés de la guerre en Syrie, les naufragés des côtes grecques, les torturés des régimes totalitaires mais aussi les ours blancs, les tortues Caretta-Carreta et tout autre être pluricellulaire en besoin…

Mais Lola n’a pas réussi à aider sa cousine. Elle n’a pas pu voir en elle sa tristesse, sa solitude, pas avant ce terrible incident…

Personne ne l’a vu…

Car Nina, n’a jamais laissé personne s’approcher suffisamment d’elle pour la connaitre vraiment. Contrairement à sa cousine, elle a toujours été distante et austère. Elle n’a jamais porté le moindre intérêt aux autres, elle est resté concentrée sur sa propre réussite, solitaire, absente, froide…

Elle était une « bitch »!

Enfant unique, petite fille pourrie gâtée, c’était elle qui faisait la pluie et le beau temps de tout son entourage depuis sa plus tendre enfance. Ce que Nina voulait, Nina l’avait. Et si elle ne pouvait pas l’avoir, personne ne devait l’avoir… 

A seulement trois ans elle a failli ouvrir le ventre de sa cousine avec un couteau pour récupérer la pomme que cette dernière lui avait volé et mangé en cachette!

 À six ans elle dirigeait déjà tous les enfants de son voisinage (une bonne vingtaine) dans une guerre sans merci contre une bande de filles qui n’a pas voulu partager avec elle leur terrain de jeux! Et elle a gagné!

À 10 ans elle gagnait le premier prix de chant  du festival pour enfants de sa ville ainsi que la deuxième place (première place perdue de justesse à son grand désarroi) à l’olympiade de mathématiques inter-écoles.

À 15 ans elle savait que son avenir n’était pas dans son village natal du sud. Elle avait envie de prendre le large et de changer de vie. Elle se sentait une étrangère parmi les siens, enfermée dans un avenir prédestiné qui était fade, banal et terriblement commun.

Elle avait comprit que pour réussir il fallait changer. S’améliorer physiquement et intellectuellement. Elle se devait d’être belle pour réussir mais pas seulement. La beauté attire les regards, l’intelligence attire et maintient les opportunités! Alors elle passait des heures à s’entrainer pour avoir un corps parfait. Elle dormait la nuit avec une ceinture autour de sa taille pour l’affiner. Elle lisait beaucoup, elle lisait de tout! Politique, histoire de l’art, science, religion. Elle voulait devenir la femme parfaite! Celle qui avait toujours son mot à dire, celle qu’on admirerait pour son look impeccable mais surtout pour le raffinement de son syllogisme…

Et elle a réussi son pari!

À 18 ans elle rentra à l’Université de Genève, d’où elle sortira quelques années plus tard diplômée en sciences économiques première de sa promotion.

Nina a toujours su ce qu’elle voulait et elle trouvait toujours un moyen pour l’obtenir. Les femmes la détestaient au premier regard, les hommes l’adoraient. Ils étaient attirés par son sex-appeal combiné à son arrogance et sa froideur. Elle était belle, forte, elle n’avait peur de rien. 

Elle a flirté avec les hommes les plus attirants et les plus prometteurs de son entourage. Elle était de toutes les fêtes, elle était de tous les évènements.

Bien évidemment, plein de rumeurs couraient à son sujet. On lui prêtait des relations diverses, on disait d’elle qu’elle n’avait pas de scrupules, qu’elle était prête à tout pour réussir. La jalousie qu’elle provoquait à ses rivales était d’une telle ferveur qu’elle failli être exclue de la faculté à deux reprises pour avoir attaqué physiquement deux vipères qui avaient osé critiquer sa famille.

Car malgré tout, Nina n’a jamais caché ses origines dont elle était si fière! Elle savait que le fait d’avoir réussie partie de rien, à long terme ne pouvait que lui être bénéfique et inspirer le respect. Même si dans le court terme son accent et ses ressources financières, assez limités, lui ont causé du tort dans ce monde de riches arrogants…

Oui, Nina a su se faire des ennemis. Mais après tout, la réussite se mesure au calibre de ses ennemis n’est-ce pas? Si les gens dépensent leur temps et leur énergie à parler d’elle c’est qu’elle est devenue importante à leurs yeux. Personne ne parle de gens insignifiants.

Concentrée sur sa propre réussite elle n’a donc pas eu le temps d’avoir des amies, elle n’en voyait pas l’utilité! C’est difficile de se faire des amis, des vrais, dans les milieux où elle souhaitait évoluer, et dans tous les cas elle n’en a jamais ressentie le besoin. Elle avait « l’amitié » et le soutien de ses admirateurs hommes. Avec le temps et les relations elle est devenue maitre dans l’art de la « seduction sans rapports ».

C’était un concept qu’elle n’a pas inventé, bien sur, elle l’a emprunté aux prêtresses mondiales de la séduction dont elle connaissait les biographies par coeur! Elisabeth Taylor, Marylin Monroe et les autres femmes fatales du passé qui arrivaient à séduire et maintenir un rapport de dépendance avec leurs prétendants sans aucun rapport physique. Tout était dans le regard, dans ce jeu du chaud et du froid visuel. 

Un sourire, un regard malicieux et puis la distance. Ensuite de nouveau un sourire, un doux toucher de la main pour mieux disparaitre… Le jeu rendait les hommes fous. Ils ne savaient pas si elle était vraiment intéressée ou pas, et ce sentiment de perte de contrôle les déstabilisait. Elle leur donnait un peu d’espoir sans jamais vraiment laisser entendre clairement le moindre intérêts! Ils ne pouvaient pas lui reprocher de les séduire, ce n’était pas vraiment le cas…mais elle allumait bien une flamme, ils finissaient tous par la desirer. Jeunes, vieux, célibataires, mariés, pères de famille, tous! Et des cet instant ils étaient prêts à tout pour que le jeu continue! Portés par l’espoir de posséder un jour cette femme, meme un court instant, les hommes de son entourage réalisaient tous ses souhaits, ils devenaient le vecteur de ses ambitions. 

Sans jamais rien recevoir de sa part.

Car, déçue d’un amour de jeunesse tristement mis à mort par la trahison de l’homme qu’elle croyait aimer, Nina n’a jamais plus voulu baisser sa garde et tomber amoureuse! Elle craignait que l’amour freinerait son ambition. Elle attendait le Bon… 

Le Bon, selon Nina n’était pas celui qui allait faire fondre d’amour son coeur, non, le Bon était un homme avec un certain pouvoir et beaucoup d’argent. Intelligent mais pas nécessairement beau, le Bon, devait avoir des intentions serveuses à son égard et surtout il devait vouloir et pouvoir l’aider à réussir sa vie! 

Oui, Nina savait très bien ce qu’elle voulait. 

Elle savait aussi reconnaitre une opportunité quand elle se présentait.

C’est donc sans surprise qu’elle a tout de suite reconnu l’homme de sa vie dans le visage de son futur mari. Il était en couple quand elle a croisé son regard pour la première fois. Mais aucune femme ne pourrait arrêter les ambitions de la jeune femme. Aucune rivale n’était assez forte pour l’affronter. Il a fallu moins de deux mois à la stagiaire qu’elle était pour attirer l’attention de l’avocat charismatique. Trois mois plus tard, charmé par la belle italienne, il quitta sa copine et Nina déménagea chez lui.

Une année plus tard il se mariaient dans le faste dont elle avait toujours rêvé.

Elle était comblée! Elle a enfin réussi à devenir la femme qu’elle a toujours rêvé d’être. Jeune, riche, belle, connue…heureuse!

Or, voilà que tout changea le jour où elle est devenue mère.

À la vue de ce petit être qu’elle a amené au monde, Nina a changé. Un bouleversement inattendu et totalement non-voulu pour la jeune maman qui maintenant avait des sentiments nobles! Ayant d’abord cru à un dérèglement hormonal, un baby-blues, une depression post-partum qui bientôt laisserait sa place à la bonne vielle battante sans coeur qu’elle était, sa situation sentimentale nouvellement acquise devint pire avec la naissance de sa deuxième fille…

Consciente de la cruauté du monde auquel elle venait d’amener ses deux petites filles, elle a commencé à avoir peur de ce que le futur leur réserverait. Ce sentiment de peur qu’elle n’a jamais connu a commencé à l’envahir. Du coup, elle est devenue gentille. Elle n’écrasait plus personne elle essayait de les aider. Elle a même commencé à avoir des relations amicales avec ses collègues. Elle est devenue (presque) amie avec les autres mères de l’école de sa grande fille ainsi que de la crèche que fréquentait à temps partiel sa petite. Elle a même commencé à discuter avec la nounou!

Elle ressentait de la pitié pour les autres, elle partageait leur douleur. Elle ressentait des remords parfois, elle voulait aller à l’aide de toutes les femmes de la terre, à leur écoute. Elle aimait tout le monde, elle aimait les fleurs, elle aimait les animaux et quelle surprise elle aimait les gens. Elle était solidaire des femmes en besoin, et souvent en colère contre les hommes et leur besoin de contrôler la vie des autres. Elle se sentait pour la première fois de sa vie responsable de ses actes mais aussi des actes de ses proches. Elle s’est mis à conseiller son mari à être plus clément, elle s’est mis à conseiller sa nounou à être plus douce, sa famille à être plus conciliante, ses enfants être plus calmes. Elle intervenait, elle argumentait, elle critiquait, elle s’intéressait à autre chose qu’à elle-même!

Face à ce changement brutal du comportement de sa femme, son mari lui a conseillé de prendre ses distances, elle risquait, en effet, de nuire à son image d’homme fort et sans scrupules.

Et elle a obéit.

Elle avait oublié comment s’opposer à ce qu’il l’opprimait. Elle ne savait plus dire Non! Donc elle a obéit.

Et elle s’est murée dans le silence. Dans le silence de sa vie qu’elle trouvait désormais si vide et sans aucun sens. 

Sans véritable ami, ayant accompli déjà tous ses objectifs de jeunesse, ayant obtenu tout ce qu’elle avait voulu et rêvé sans avoir trouvé le bonheur, il n’y avait plus rien espérer. Le temps passe, elle vieillit… À quoi bon ces sacrifices, à quoi bon cette lutte acharnée qu’elle a entrepris depuis son plus jeune âge. Elle n’arrivera jamais à changer le monde! Elle ne deviendra rien de plus que la femme de son mari. Elle qui croyait avoir un Destin! Une étoile! Elle qui se croyait forte, elle n’est en fin de compte qu’une fourmi parmi les autres, dust in the wind…

A quoi bon vivre?

Mais, voila que ce jour là quand elle a ouvert ses yeux, face a ce jeune médecin plein de vie et d’espoir qui était là pour elle, elle ne voulait qu’une chose, redevenir celle qu’elle a été. Une bitch.

Ce jour-là, elle a sentie à nouveau bruler en elle ce feu éternel de la vie, L’envie de conquérir, le besoin d’exister et le désir de posséder…

Une femme ambitieuse qui a encore des objectifs à accomplir et des rêves à réaliser, une femme forte qui pouvait séduire ce jeune homme et reprendre le contrôle de sa vie. 

C’est lui son seul espoir, elle le savait… Car lui, il croyait encore à un futur… Il y avait en lui l’espoir…

Et c’est à cet instant précis que Nina est tombé amoureuse. Amoureuse de l’espoir…

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